Comment j’ai vaincu la polyarthrite rhumatoïde – Partie 8

Le jeûne a été important dans mon processus de guérison de la polyarthrite rhumatoïde, ainsi que de mes deux autres maladies auto-immunes : la maladie de Basedow et le syndrome de Sjögren.

J’avais expliqué dans la Partie 4 comment j’essayais d’ajouter à mon alimentation beaucoup d’aliments réputés « healthy », dans l’espoir de renverser la tendance durant les premiers mois où j’avais tenté de guérir naturellement, après avoir pris ma première dose de méthotrexate qui m’avait fait me sentir très très mal. Malheureusement, mes efforts des premiers mois suite au diagnostic n’avaient pas porté leurs fruits, car il me manquait beaucoup de connaissances.

J’ai commencé à me rendre compte que j’avais souvent des poussées à cause de ce que je mangeais (en plus de la fatigue ou du manque de sommeil). En termes de nourriture, j’ai remarqué que lorsque je mangeais ne serait-ce qu’un peu de viande (même de qualité), quelque chose d’un peu trop sucré, ou quelque chose de frit, cela me provoquait des poussées presque instantanées. Je comprenais que ce n’était pas les aliments les plus anti-inflammatoires, et d’ailleurs je les avais pratiquement éliminés de mon alimentation depuis des mois, mais je ne comprenais pas pourquoi mon corps réagissait à ce point. C’est comme si mon système immunitaire me criait qu’il en avait marre ! Je me suis alors dit qu’il fallait peut-être que je mange moins, que je m’abstienne pendant de longues périodes pour vraiment évacuer la toxicité en moi et revenir à une vie dans laquelle je pourrais manger de la viande ou faire des écarts, même rares, sans le payer systematiquemnt avec des douleurs aux articulations.

J’ai réalisé que c’était exactement ce qu’il me fallait, car je commençais à comprendre et à réaliser pleinement que j’étais enflammée au plus profond de moi, et que c’était comme s’il fallait me reconstruire au niveau cellulaire.

J’ai commencé à faire des recherches sur le jeûne, et j’ai découvert Mindy Pelz et le Dr Pradip Jamnadas, ainsi que les faits fascinants qu’ils expliquaient sur le jeûne, notamment en termes de régénération cellulaire.

Le Dr Mindy Pelz, qui a publié « Fast Like a Girl », est tellement passionnée, et c’est en apprenant d’elle les effets du jeûne sur le corps, presque heure par heure, que j’ai été convaincue !

D’un autre côté, le Dr Jamnadas est cru et très direct sur les maladies du monde moderne, et explique tellement bien comment nous, humains, avons dévié du mode de vie adapté à notre physiologie originale, qui n’a pas changé : nous sommes faits pour avoir des périodes de repas et des périodes sans manger. Il explique justement qu’aujourd’hui, le fait de ne jamais s’arrêter de manger est à l’origine de beaucoup de maladies, par le fait que notre insuline soit toujours élevée, comme on mange sans arrêt. Il a aidé beaucoup de ses patients en mauvaise santé métabolique à retrouver la santé, seulement par le jeûne.

J’ai donc commencé à jeûner (jeûne hydrique), d’abord 24h, puis 48h, et jusqu’à 72h certains week-ends. Ce n’était pas facile, et j’étais surveillée : il y avait mon mari, mes enfants, et en plus, ma maman et ma belle-mère étaient de passage à la maison à ce moment-là, donc j’avais toutes les conditions réunies pour jeûner de longues périodes sans risques inutiles.

Je tiens à mentionner que des jeûnes longs de plusieurs jours, comme je l’ai fait, ne sont pas pour tout le monde. Je n’avais pas de troubles de l’alimentation comme l’anorexie ou la boulimie, je n’étais pas non plus maigre ou rachitique, donc je pouvais me le permettre, et surtout, je n’étais pas seule. Je ne recommande pas le jeûne long par défaut à tout le monde, notamment si vous prenez des médicaments, la situation personnelle unique de chaque personne doit être considerée avant de confirmer si le jeûne est adapté.

Par contre, le repos du système digestif est important. Le minimum que je recommande à tout adulte est de laisser passer 12h sans manger, cela inclut la nuit, donc c’est très facilement faisable, mais pour beaucoup de personnes, ce n’est malheureusement pas le cas. Lorsqu’on laisse 12h sans manger, et même quelques heures de plus comme 14h ou 16h, on permet vraiment à notre corps de se nettoyer et de se réparer¹.

Avec des jeûnes de 24h et plus, comme je l’ai fait, je voulais entrer en état d’autophagie.

Ce phénomène a été décrit par le chercheur japonais Yoshinori Ohsumi, qui a reçu le prix Nobel pour avoir découvert les mécanismes de l’autophagie². L’autophagie signifie que lorsque le corps n’a plus rien à manger, il commence à se « manger » lui-même, en commençant par les cellules défectueuses et cancéreuses³. Il produit aussi des hormones de croissance pour se régénérer, donc rajeunir⁴.

Au début, je sentais la faim, et le plus dur pour moi était la nuit : dormir en ayant faim, mais en priant pour que la maladie parte. J’étais déterminée ; j’avais eu une vie avant cette maladie , sans douleur, et je voulais tout faire pour retrouver cette vie.

Ce que j’ai aussi réalisé dans ces moments de jeûnes longs, c’est que juste en buvant de l’eau, et même si je ne mangeais rien, je continuais à aller à la selle. Je me demandais : mais d’où viennent ces selles, ça fait deux jours que je n’ai pas mangé ?

Cela faisait partie de ma détoxification, car j’apprendrais plus tard que dans le cas de maladies auto-immunes comme la polyarthrite, il s’agit très souvent d’un encrassement profond dans le corps. Il faut donc réussir à se détoxifier, à éliminer ces toxines. Les selles sont l’un des moyens les plus importants pour éliminer. Des personnes peuvent aller tous les jours aux toilettes, mais avoir des selles coincées dans le côlon qui datent de plusieurs mois, voire années.

Durant ces jours de jeûne, je continuais à ressentir de la douleur dans mes doigts, qui avaient enflé depuis des mois à cause de la polyarthrite. J’aimais imaginer que c’étaient les toxines de mes articulations qui s’échappaient, et que c’était cette douleur que je ressentais.

Je ne sais pas si c’était le cas, mais ce qui est sûr c’est qu’après plusieurs semaines de jeûne intermittent (car quand je ne jeûnais pas 24h, je jeûnais au moins 14 à 16h), j’ai commencé à me sentir mieux.

Il faut savoir que je mangeais bien mieux, et j’avais aussi fait le ménage dans les produits et matières que j’utilisais pour cuisiner. J’y reviendrai, mais il ne faut pas sous-estimer l’importance de la qualité de l’air que l’on respire, de l’eau que l’on boit, et des matériaux avec lesquels on cuisine, car tout cela impacte la santé.

En même temps que ma santé s’améliorait, je ressentais comme une renaissance ; je me sentais tellement mieux dans mon corps, dans ma tête, je retrouvais de l’énergie.

Ce qui est un peu amusant avec le recul, c’est que les gens remarquaient ma transformation physique et me disaient : « Tu as perdu du poids ! » ou « Tu es rayonnante, qu’est-ce que tu fais ? »

Et moi, j’avais envie de dire : « Je jeûne car je suis malade, je jeûne pour survivre. »

Mais j’esquissais juste un sourire et je comprenais que ce que j’étais en train de faire avait l’air de marcher, j’étais en train de me régénérer et de rajeunir pour peut-être guérir complètement.

Voici une photo de ce dont j’avais l’air à l’époque, une photo prise lors de nos derniers jours à HK, avant que je déménage avec ma famille dans le New Jersey aux États-Unis.

Dans la partie 9 de mon histoire à venir, je vous expliquerai à quoi j’ai allié mon jeûne pour vraiment accélérer ma guérison.


Références

¹ Schuppelius, B., Peters, B., Ottawa, A. et Pivovarova-Ramich, O. (2021) ‘Time Restricted Eating: A Dietary Strategy to Prevent and Treat Metabolic Disturbances’, Frontiers in Endocrinology, 12, article 683140.

² The Nobel Assembly at Karolinska Institutet (2016) The Nobel Prize in Physiology or Medicine 2016 — Yoshinori Ohsumi.

³ White, E. (2012) ‘Deconvoluting the context-dependent role for autophagy in cancer’, Nature Reviews Cancer, 12(6), pp. 401–410.

⁴ Ho, K.Y. et al. (1988) ‘Fasting enhances growth hormone secretion and amplifies the complex rhythms of growth hormone secretion in man’, Journal of Clinical Investigation, 81(4), pp. 968–975.

Houleye Siegel, Coach en santé holistique

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Cet article est fourni à titre éducatif uniquement et ne remplace pas un avis médical personnalisé. Consultez un professionnel de santé qualifié avant d'apporter des changements à votre alimentation, votre supplémentation, ou votre mode de vie, en particulier si vous êtes enceinte, si vous allaitez, ou si vous suivez un traitement médical.