Comment j’ai vaincu la polyarthrite rhumatoïde – Partie 7

La prochaine étape de ma guérison a été la prise de conscience de l’importance de la détoxification.

Je dois avouer que j’avais souvent entendu ce terme ou entendu parler de cures de détox depuis des années, bien avant de tomber malade. Je n’y avais jamais vraiment prêté attention car, au fond, je ne me sentais pas concernée, et aussi je prenais cela pour une mode.

Encore une fois, à force de chercher, de lire beaucoup de livres et d’écouter des médecins fonctionnels, j’ai compris que la polyarthrite rhumatoïde, comme les autres maladies auto-immunes, se déclenchait souvent à cause d’une toxicité interne devenue trop importante pour le corps. Celui-ci n’avait alors pas d’autre choix que de s’attaquer à nos cellules saturées de cette toxicité.

J’en suis venue à voir l’auto-immunité autrement que ce qu’on m’avait expliqué : pas comme un corps qui devient soudainement fou et s’attaque à lui-même sans raison, comme mes médecins me l’avaient dit ces dernières années, en l’attribuant uniquement à mes gènes, sans aucun remède possible.

Voici comment je comprends aujourd’hui ce qui s’est passé en moi : lorsque notre biologie interne change au point que les toxines s’accumulent partout, dans nos cellules, fixées à nos tissus comme nos articulations, nos glandes lacrymales, notre thyroïde ou d’autres organes, le corps semble alors réagir à ce qui l’envahit, quitte à endommager au passage les tissus qui portent cette toxicité. À mes yeux, les dommages causés aux parties touchées sont presque collatéraux : ce ne sont pas nos organes que le corps cherche à détruire, mais bien la toxicité qui s’y est logée.

Oui, car l’inflammation chronique de bas grade s’installe pendant des années. Notre corps parvient à la gérer au début, sans que l’on s’en rende compte. Puis, au bout d’un moment, il nous envoie des signes ; il nous chuchote à l’oreille sous forme de problèmes de peau, de fatigue, de brouillard mental, de douleurs musculaires, peut-être… jusqu’au jour où il ne peut plus tenir et où il nous hurle dessus pour nous forcer enfin à réagir, encore une fois pour notre survie.

Quand ce moment arrive, il coïncide souvent avec le diagnostic d’une maladie chronique, comme une maladie auto-immune.

Laissez-moi vous illustrer cela par une métaphore un peu directe mais nécessaire.

Si vous avez une ou plusieurs maladies auto-immunes, selon moi, c’est que votre corps est en feu

La maison qui vous abrite brûle, et il vous faudra procéder par étapes. Éteindre les flammes, évacuer les débris et rebâtir la maison avec des matériaux solides et de qualité, puis l’entretenir pour qu’elle reste saine. C’est ce que j’ai dû faire pour me « réparer » et retrouver ma santé. Comprendre que mon corps était en feu à l’intérieur m’a beaucoup aidée à faire les changements nécessaires pour m’en sortir.

Le processus de détoxification a été très important, car il m’a permis d’éteindre les flammes de cette maison qui brûlait en moi, avant de pouvoir la reconstruire.

Oui, car j’ai appris que c’était une chose d’essayer de changer mon alimentation et de manger davantage d’aliments réputés sains ; mais si la toxicité que j’avais accumulée dans mon corps était toujours présente, cela ne m’aidait pas, malheureusement.

C’est pour cela que je n’avais pas réussi à réduire mon inflammation dans le délai d’un mois que j’avais demandé à mon rhumatologue (que j’ai raconté dans la partie 4 de mon histoire) : la toxicité était toujours présente. Même en mangeant toutes les framboises bio du monde, je ne pouvais pas retrouver ma santé de cette façon.

Lorsque je parle de toxicité, il y a bien sûr la toxicité physique, due à notre mode de vie : le stress, ce que l’on mange, ce que l’on respire, ce que l’on boit. Mais ce n’est pas tout. La toxicité provient aussi de nos émotions, de nos pensées, de notre estime de soi. J’ai dû travailler sur tous ces aspects à la fois.

Pour savoir comment se détoxifier, il faut comprendre comment fonctionne notre corps et quels sont nos organes de détoxification. Vous pensez sûrement au foie, oui, effectivement, mais il y a aussi les poumons, les reins, le côlon et même la peau. Tous ces organes sont essentiels au processus de détoxification, et j’ai travaillé à tous les mobiliser pour me détoxifier.

Commençons par le foie. J’aime l’appeler « la Reine », car pour moi il ne peut être que féminin, tant il fait du multitâche ! Il réalise plus de 500 fonctions dans notre corps¹ : il convertit la nourriture que nous mangeons en énergie, assure la détoxification, mais aussi la production et la désactivation des hormones, la fabrication de protéines, de bile et d’antioxydants puissants comme le glutathion, et encore de nombreuses autres fonctions. Il a la lourde tâche de filtrer jusqu’à 1,5 litre de sang par minute². On ne réalise pas son importance pendant la plupart de notre vie, sauf pour certaines personnes atteintes de maladies du foie ; c’est vraiment dans ces moments-là qu’on réalise à quel point il est essentiel.

Sans être trop technique, il est important de comprendre que le foie traite tout ce qui entre dans notre corps : ce que l’on mange, ce que l’on respire, ce que l’on touche.

À cela s’ajoute un autre type de pression sur notre organisme, dont on parle de plus en plus : les ondes électromagnétiques auxquelles nous sommes exposés en permanence, que ce soit notre téléphone portable que nous gardons sur nous à toute heure, ou notre box Wi-Fi à la maison. Ces ondes génèrent du stress oxydatif dans notre corps, c’est-à-dire une surproduction de radicaux libres qui dépasse les capacités antioxydantes de nos cellules, tout en diminuant nos réserves en antioxydants³. Le foie se retrouve alors avec une charge supplémentaire à traiter, comme s’il s’agissait d’une toxine de plus. Je sais bien qu’il est difficile de s’en passer, y compris pour moi-même, mais il existe des gestes simples pour réduire cette exposition : ne pas garder son téléphone trop proche de soi lorsqu’on dort, éviter de le porter constamment sur soi, notamment dans les poches.

Pour assurer la détoxification de tout ce qui rentre dans notre corps, le foie procède en deux étapes. La première (phase 1) consiste à transformer les toxines, y compris les médicaments, en les rendant plus réactives afin de préparer leur élimination. Un point important de cette phase est que les molécules ainsi générées sont temporairement plus instables, et ce processus génère aussi des radicaux libres. C’est la deuxième étape (phase 2) qui se charge de neutraliser ces molécules réactives par conjugaison, en les rendant solubles dans l’eau, afin qu’elles puissent être excrétées via les selles ou l’urine sans recirculer dans notre corps.

Pour que les phases 1 et 2 se déroulent correctement, il faut beaucoup de nutriments : les vitamines B, la vitamine C, certains acides aminés en particulier, et le glutathion, qui agit à la fois comme antioxydant et comme molécule de conjugaison⁴.

Aujourd’hui, avec notre mode de vie marqué par la pollution et la nourriture ultra-transformée, la phase 1 est constamment sollicitée, tandis que la phase 2 ne suit pas, faute de ces nutriments clés.

Quel en est l’impact ? Des toxines très réactives issues de la phase 1 qui ne peuvent pas être excrétées et qui recirculent dans notre corps. Le foie participe également à l’élimination de nos hormones : lorsque cette élimination se fait mal, la charge en œstrogènes peut augmenter, par exemple. Cela peut contribuer à différents déséquilibres : problèmes de peau, troubles liés au métabolisme des œstrogènes comme l’endométriose et les cancers du sein⁵ et des ovaires. Et au-delà de l’excès d’œstrogène, lorsque la toxicité dans le corps ne peut être évacuée et s’accumule, cela donne lieu à de l’inflammation chronique qui est le point de départ des maladies auto-immunes⁶ et d’autres maladies chroniques⁷.

Qu’est-ce qui aide à la détoxification ? Beaucoup d’aliments, notamment ceux riches en soufre comme l’ail, l’oignon, l’échalote et le poireau, les légumes crucifères comme le brocoli, le chou-fleur et le chou kale, et les légumes à feuilles vertes comme les épinards⁵.

Vous vous direz peut-être : « Je mange déjà beaucoup de légumes. » La qualité est importante. Aujourd’hui, manger biologique autant que possible doit être une priorité, car les aliments non biologiques contiennent des résidus de pesticides et d’herbicides qui altèrent leur qualité nutritive et ajoutent encore de la toxicité dans notre corps, que le foie doit traiter⁸.

La façon de préparer ces légumes est également importante. Pour les légumes verts, gardez à l’esprit que la chlorophylle, le pigment qui permet aux plantes de produire de l’énergie à partir de la lumière du soleil, est détruite par une cuisson trop forte, et que les vitamines et minéraux qu’ils contiennent sont eux aussi réduits par la chaleur.

Dans mon cas, la forme crue était appropriée. J’ai consommé beaucoup de smoothies verts à base de légumes crucifères en grande majorité avec un peu de fruit, et surtout des oméga-3.

Voici une de mes recettes de smoothies verts

Et c’est le moment pour moi de rappeler que ceci est mon histoire, fondée sur ma constitution et les conditions qui étaient les miennes. Les principes que j’explique, comme la détoxification dans ce chapitre, sont valables pour tout le monde ; mais la méthode pourra différer selon votre condition, votre constitution et les médicaments que vous prenez. Par exemple, si vous souffrez d’hypothyroïdie, il est préférable de ne pas consommer trop de crucifères crus, en particulier sous forme de smoothies, car ils peuvent interférer avec la fonction thyroïdienne. Si vous avez un intestin sensible, les légumes crus ne sont pas non plus pour vous, mais il existe d’autres alternatives. C’est pour cela qu’il est préférable de faire beaucoup de recherches ou d’être accompagné par un professionnel en nutrition, et de ne jamais appliquer aveuglément le régime alimentaire d’une autre personne sans vérifier s’il est adapté à votre situation particulière.

C’est aussi pour cela que j’ai décidé d’étudier et de me former pour pouvoir aider les autres sans risques, car il n’y a pas de solution générique qui convient à tout le monde ; il faut adapter et personnaliser les protocoles en fonction de la personne pour que cela fonctionne et que la personne puisse retrouver la santé.

Cette précision faite, revenons à ma détoxification et au fait que ces aliments crucifères, à l’état cru et sous forme de smoothies verts, ont été l’un des points importants de mon parcours. J’ai commencé à en consommer régulièrement et à boire beaucoup d’eau. J’ai commencé à me sentir mieux, mais surtout à retrouver beaucoup d’énergie ; cela m’a énormément aidée à me détoxifier.

À cela, j’ai combiné des périodes de jeûne. Le jeûne que j’avais l’habitude de pratiquer chaque année pour des raisons religieuses a tout changé, car j’ai appris à le pratiquer encore mieux, d’une manière qui devient réellement thérapeutique (et je crois que cela a toujours été son intention première, à travers toutes les religions et toutes les croyances). J’ai aussi appris comment je devais me réalimenter après mon jeûne pour en tirer tous les bénéfices.

Je vous en parlerai plus en détail dans la partie 8.


Références

¹ American Liver Foundation (2023) The Healthy Liver. Available at: https://liverfoundation.org/about-your-liver/how-liver-diseases-progress/the-healthy-liver/ (Accessed: July 2026).

² ScienceInsights (2024) Does the Liver Clean Blood? Here’s How It Works. Available at: https://scienceinsights.org/does-the-liver-clean-blood-heres-how-it-works/ (Accessed: July 2026).

³ Kıvrak, E.G. et al. (2017) ‘Effects of electromagnetic fields exposure on the antioxidant defense system’, Journal of Microscopy and Ultrastructure, 5(4), pp. 167–176. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6025786/ (Accessed: July 2026).

⁴ Panda, C. et al. (2023) ‘Guided Metabolic Detoxification Program Supports Phase II Detoxification Enzymes and Antioxidant Balance in Healthy Participants’, Nutrients, 15(9), p. 2209. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10181083/ (Accessed: July 2026).

⁵ Hodges, R.E. and Minich, D.M. (2015) ‘Modulation of Metabolic Detoxification Pathways Using Foods and Food-Derived Components: A Scientific Review with Clinical Application’, Journal of Nutrition and Metabolism, 2015, Article ID 760689. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4488002/ (Accessed: July 2026).

⁶ Vojdani, A., Pollard, K.M. and Campbell, A.W. (2014) ‘Environmental Triggers and Autoimmunity’, Autoimmune Diseases, 2014, Article ID 798029. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4290643/ (Accessed: July 2026).

⁷ Sears, M.E. and Genuis, S.J. (2012) ‘Environmental Determinants of Chronic Disease and Medical Approaches: Recognition, Avoidance, Supportive Therapy, and Detoxification’, Journal of Environmental and Public Health, 2012, Article ID 356798. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3270432/ (Accessed: July 2026).

⁸ Barański, M., Srednicka-Tober, D., Volakakis, N., Seal, C., Sanderson, R., Stewart, G.B., Benbrook, C., Biavati, B., Markellou, E., Giotis, C., Gromadzka-Ostrowska, J., Rembiałkowska, E., Skwarło-Sońta, K., Tahvonen, R., Janovská, D., Niggli, U., Nicot, P. and Leifert, C. (2014) ‘Higher Antioxidant and Lower Cadmium Concentrations and Lower Incidence of Pesticide Residues in Organically Grown Crops: A Systematic Literature Review and Meta-Analyses’, British Journal of Nutrition, 112(5), pp. 794–811. Available at: https://doi.org/10.1017/S0007114514001366 (Accessed: July 2026).