Comment j’ai vaincu la polyarthrite rhumatoïde – Partie 6

J’étais de retour chez moi à Hong Kong après mon voyage d’affaires à New York, et j’étais décidée à guérir. Je ne savais pas comment, mais j’allais chercher et trouver, car je ne pouvais pas accepter la perspective de ne plus avoir une vie normale. Et surtout, j’avais mal : chaque frôlement de mes doigts enflés me faisait crier de douleur.
Mon mari et mes enfants avaient du mal à comprendre et à anticiper quelle façon de me toucher me ferait mal, car la polyarthrite rhumatoïde est au début invisible, tant qu’il n’y a pas de déformations.
Je me souviens encore de cette poignée de main vigoureuse d’un collègue que je venais de rencontrer au bureau. J’avais dû étouffer un cri. Une fois qu’il fut parti, j’ai pu laisser échapper la douleur qu’il avait provoquée (sans le faire exprès bien sûr) et que je ressentais dans mes doigts.
Comme je le disais dans la partie 3, j’avais déjà commencé beaucoup de changements alimentaires. Je cherchais constamment à savoir quels aliments étaient bons pour la santé afin de les incorporer à mon alimentation. Je prenais des encas à base de fruits comme des myrtilles et des framboises, je commençais mes matinées avec un yaourt aux graines de chia et aux fruits. Pourtant, mon état ne s’améliorait pas.
Je continuais mes recherches et un jour, je suis tombée sur la vidéo d’une femme du mouvement sattvique qui expliquait, avec son mari, comment ils avaient tous les deux soigné leurs maux chroniques avec l’alimentation. Elle souffrait auparavant de problèmes de thyroïde, de problèmes de poids, d’acné, et son mari avait des problèmes de peau.
Elle expliquait que le corps est comme un vase en verre : si le vase est sale à l’intérieur, on peut nettoyer l’extérieur autant de fois que l’on veut, il restera toujours sale. Il faut s’attaquer à l’intérieur. Et quand l’intérieur devient propre, l’extérieur le devient aussi.
Elle et son mari avaient complètement changé leur alimentation, et c’était grâce à cela qu’ils n’avaient plus leurs maladies chroniques et qu’ils avaient retrouvé la pleine santé.
Cela m’intéressait beaucoup. Cette femme expliquait que certains aliments de la vie courante, comme les huiles végétales : huile de tournesol, de colza, d’arachide, etc., étaient vraiment très mauvaises pour la santé.
En effet, ces huiles sont fabriquées en chauffant les graines à très haute température pour en extraire l’huile. Ensuite, comme l’huile produite par cette méthode est très noire et sent mauvais, on y ajoute l’équivalent de décolorants et de désodorants pour qu’elle ne soit pas rebutante. C’est ce qui donne ces huiles transparentes et inodores sur les étalages des magasins¹.
Ces huiles sont factuellement mauvaises pour la santé. Et pour comprendre leur effet sur notre corps, il faut comprendre de quoi sont faites nos cellules. C’est ce que j’allais apprendre en continuant mes recherches, notamment auprès de médecins qui avaient eux-mêmes développé des maladies chroniques, y compris auto-immunes, et avaient réussi à se guérir en se tournant vers la médecine fonctionnelle et en changeant complètement leur façon de manger.
Ce sont vraiment ces médecins, et leurs partages, qui m’ont aidée à guérir. Certains médecins français, comme le docteur Seignalet avec son livre « L’alimentation ou la troisième médecine« , et des médecins américains, tous ont contribué, en partageant leur savoir, à me donner les clés de ma guérison, et la passion d’approfondir ce domaine au point d’en faire mon métier.
Revenons donc aux huiles et à leurs effets néfastes sur notre santé. Pour comprendre, il faut revenir à la biologie. Notre corps est composé de systèmes, qui sont composés d’organes, eux-mêmes composés de tissus, eux-mêmes composés de cellules. La cellule est la plus petite unité biologique de notre corps, et notre corps en comporte environ 30 000 milliards.
Chaque cellule a une composition bien déterminée pour effectuer des tâches essentielles à notre survie : ingérer les nutriments, fabriquer de l’énergie, fabriquer d’autres molécules, excréter les toxines, se répliquer pour notre développement et notre maintenance.
Les membranes de nos cellules jouent un rôle clé dans ces fonctions, car c’est à travers elles que tous les échanges se font. Ces membranes sont composées de lipides (gras) et de protéines. Lorsque ces lipides et ces protéines sont de qualité et en abondance, les membranes sont souples et flexibles, ce qui facilite tous ces échanges et permet au corps d’absorber les nutriments et de se détoxifier.
Le problème avec les huiles végétales, c’est qu’elles apportent de mauvaises graisses que le corps utilise, faute de mieux, pour construire ses cellules. Ces graisses sont néfastes car elles n’existent pas à l’état naturel : elles ont été créées par l’Homme pour réduire les coûts de production et allonger la durée de conservation des aliments industriels.
L’effet de ces graisses est néfaste : elles rigidifient les membranes de nos cellules, les rendant inflexibles et incapables de faciliter les échanges de nutriments, de déchets et la communication de manière générale entre nos cellules, et c’est le début des problèmes². En effet, un excès d’oméga-6, dont ces huiles sont très riches, crée de l’inflammation dans le corps, et cette inflammation nous prédispose aux maladies chroniques, notamment aux maladies cardiovasculaires et aux maladies auto-immunes³⁴.
Ces huiles font d’ailleurs clairement partie de ce que l’on appelle les aliments ultra-transformés.

Vous vous dites peut-être : pas de problème, moi je ne cuisine qu’à l’huile d’olive.
Mais attention : si vous mangez souvent au restaurant, si vous achetez des plats industriels, des biscuits ou des gâteaux du commerce, vous ingérez ces huiles. Elles sont présentes dans pratiquement toutes les préparations industrielles : chips, cookies, céréales du matin, popcorn, mayonnaise, burgers, pizzas, frites surgelées, plats préparés, margarnies, sauf indication contraire sur l’étiquette.
Je ne dis pas cela pour vous décourager de manger dehors, mais pour que vous preniez conscience et que vous puissiez faire les bons choix pour ce que vous contrôlez, notamment à la maison, et aussi dans les produits que vous achetez au supermarché.
Ces huiles et préparations industrielles sont riches en oméga-6 et ne contiennent pratiquement aucun oméga-3, ce qui crée un déséquilibre dans notre corps. En réalité, nous avons besoin de ces deux types d’acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6) que notre corps ne peut pas fabriquer lui-même, et que nous devons donc apporter par l’alimentation. L’oméga-6 est l’acide linoléique et l’oméga-3 est l’acide alpha-linolénique.
En tant qu’êtres humains, nous avons évolué avec une alimentation dont le ratio oméga-6/oméga-3 était de 1 pour 1. Cela a beaucoup changé ce dernier siècle, avec une consommation d’oméga-6 toujours croissante. Malheureusement, dans le monde occidental aujourd’hui, ce ratio est passé à 16 pour 1, ce qui est très déséquilibré³.
Cela s’explique par la consommation d’huiles végétales riches en oméga-6, mais aussi par la consommation de viande d’animaux nourris aux céréales plutôt qu’à l’herbe, et par les produits laitiers qui proviennent des mêmes animaux.
Les oméga-3 se trouvent dans les noix et les graines, comme les graines de lin, de courge et de chia, mais aussi dans les poissons gras comme la sardine, le saumon, le maquereau et le hareng, qui sont parmi les moins contaminés au mercure.
Lorsque nous inondons notre corps d’oméga-6, il n’a pas d’autre choix que d’utiliser ce type d’acide gras pour construire ses cellules, ce qui donne des cellules qui fonctionnent mal.
Un déséquilibre en acides gras peut contribuer à de nombreuses conditions : peau et yeux secs, problèmes hormonaux, obésité, troubles des menstruations, insuline élevée, infertilité, kystes, problèmes de circulation, problèmes immunitaires ou neurologiques. Car un excès d’oméga-6 génère de l’inflammation, qui est à la base de toute maladie chronique.
Lorsque j’ai découvert tout cela, je n’ai plus jamais utilisé d’huile végétale. Je me suis assurée d’acheter uniquement des huiles de qualité, pressées à froid : huile d’olive, huile d’avocat, huile de lin et huile de coco.
Si vous avez des huiles végétales dans votre cuisine, je vous invite à les remplacer par les huiles que je viens de citer. Votre corps vous remerciera.
C’est ce que j’ai réalisé ce jour-là : les changements que j’avais déjà commencés n’étaient pas suffisants, non parce qu’ils étaient mauvais, mais parce que je ne savais pas encore tout ce qu’il fallait éliminer.
Les huiles végétales ont été ma première grande prise de conscience, mais c’était juste le début de beaucoup de changements qui allaient tout changer pour moi et mes proches,
Dans la partie 7, je vous parlerai des autres aliments que j’avais l’habitude de consommer en pensant bien faire, et qui alimentaient pourtant mon inflammation, ainsi que des changements de mentalité et de style de vie qui ont permis ma guérison, ou plutôt, devrais-je dire, ma rémission, mon retour à la pleine santé ?
Pourquoi je parle de rémission ? Parce que je ne veux surtout pas donner l’illusion qu’il s’agit d’une pilule miracle. Non, j’ai dû faire beaucoup de changements, et ce n’était pas toujours facile, surtout au début. Et je sais que si je revenais à mon mode de vie d’avant la maladie, pas seulement avec une alimentation différente, mais avec le mindset et l’hygiène de vie que j’avais à l’époque, il est fort possible que la polyarthrite et les autres maladies auto-immunes finissent par revenir.
La maladie chronique survient lorsque le corps n’est plus en équilibre, et lorsque l’on donne les moyens à son corps de retrouver cet équilibre, la maladie disparaît. Cette découverte a changé toute ma vie.
Je vous raconterai la suite dans la partie 7.
Références
¹ Matthäus, B. and Guillaume, C. (2022) ‘Refining Vegetable Oils: Chemical and Physical Refining’, Scientific World Journal, 2022. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8767382/ (Accessed: June 2026).
² Oteng, A.B. and Kersten, S. (2020) ‘Mechanisms of Action of trans Fatty Acids’, Advances in Nutrition, 11(3), pp. 697–708. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7231579/ (Accessed: June 2026).
³ Simopoulos, A.P. (2008) ‘The importance of the omega-6/omega-3 fatty acid ratio in cardiovascular disease and other chronic diseases’, Experimental Biology and Medicine, 233(6), pp. 674–688. Available at: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18408140/ (Accessed: June 2026).
⁴ Simopoulos, A.P. (2021) ‘The Importance of Maintaining a Low Omega-6/Omega-3 Ratio for Reducing the Risk of Autoimmune Diseases, Asthma, and Allergies’, Missouri Medicine, 118(5), pp. 453–459. Available at: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8504498/ (Accessed: June 2026).